mercredi 10 décembre 2025

De la fete des cultures et de la construction des nations

 

SOBESA_14.2

De la fête des cultures et de la construction de la nation : le cas du Gabon 

Oyane Megnier Elisabeth-Université Omar Bongo de Libreville

 

Résumé :

Elu maire de la commune de Libreville, au Gabon, en 1996,  Paul Mba Abessolo[AF1] , linguiste des langues africaines va inscrire dans l’agenda politico- socio- culturel ce qu’il a nommé la ʺFête des culturesʺ. C’est dans le contexte de la  redéfinition du vivre ensemble par l’ONU, et sur l’appropriation de la philosophie de Julius K. Nyerere à savoir que l’on peut s’inspirer de la tradition pour mener à bien le développement d’un pays (J.Mfoulou, 1980) que Paul Mba Abessolo [AF2] pose les fondements de la fête des cultures au Gabon. Dans une approche interculturelle, la présente contribution vise à analyser les possibilités, les mécanismes et les résultats de ladite vision des échanges interculturels pour l’unité qui devait  aboutir à la construction de la nation.

Mots clés : Culture- Construction de la nation- Gabon- Interculturalité

Abstract :

Elected Mayor of the municipality of Libreville, Gabon, in 1996, Paul Mba Abessolo, [AF3] linguist of African languages ​​will include in the politico-socio-cultural agenda what he called the "Festival of cultures". It is in the context of the redefinition of living together by the UN, and on the appropriation of the philosophy of Julius K. Nyerere namely that we can draw inspiration from tradition to carry out the development of a country (J. Mfoulou, 1980) that Paul Mba Abessolo [AF4] lays the foundations for the festival of cultures in Gabon. In an intercultural approach, this contribution aims to analyze the possibilities, mechanisms and results of the aforementioned vision of intercultural exchanges for the unity which was to lead to the construction of the nation.

Keywords : Culture- Nation building- Gabon- Interculturality

 

Introduction

Réfléchir ou essayer d’établir un rapport entre cultures locales ou endogènes et le développement en Afrique en général et /ou au Gabon en particulier n’est pas une problématique nouvelle. En convoquant l’histoire, l’on peut constater que la période coloniale a été fructueuse parce que les acteurs principaux n’avaient pas totalement établi de rupture entre les sujets et leurs traditions.[AF5]  Plus près de nous, c’est-à-dire au XX è siècle, l’histoire rappelle le socialisme Ujamaa, programme de développement de la Tanzanie, pensé et réalisé par son président de l’époque Julius[AF6]  Nyerere. Ujamaa se présente comme un concept qui convoque la famille au sens large en langue swahili, nous dit- on. Le programme fait allusion à la nationalisation de l’économie, la création des communautés agricoles villageoises. A l’instar du communalisme de Nkrumah, Julius Nyerere pense que le développement en Afrique doit rimer avec des structures sociales internes et notamment familiales. Il est tout de même à noter que ce programme a été très débattu, voire critiqué[AF7]  avec l’argumentation qu’il casse brutalement les repères humains et communautaires des individus. Le rappel ici du président tanzanien nous donne l’opportunité de mettre en évidence la prise de conscience par les africains, d’une rupture totale avec la longue période coloniale, aux lendemains ʺdes Soleils des indépendancesʺ africaines, pour reprendre l’expression dramatique du romancier ivoirien Ahmadou Kourouma[AF8] . Du panafricanisme de W.E.B [AF9] Du Bois au consciencisme de Kwame Nkrumah[AF10] , en passant par l’Afrique est mal partie de René Dumont (1962), [AF11] il s’est agi de refléchi[AF12] r comment et par [AF13]  doit commencer le développement de l’Afrique en général et l’Afrique subsaharienne en particulier ? C’est donc dans le processus de la dialectique de cette question que le Père Paul Mba Abessole, dans l’année 1997[AF14] , élu maire de la ville de Libreville au Gabon, va mettre sur pied le programme de la fête des cultures. Comment et pourquoi cette fête est-elle pensée ? Quelle est l’organisation de ladite fête ? Quels en ont été les résultats ? Quel débat peut-on ouvrir en référence à la fête des cultures au Gabon ? Ce questionnement nous permet de traiter le présent article autour de trois axes à savoir :

1-         La fête des cultures

2-         Reconscientisation, réappropriation et rencontres identitaires et culturelles des peuples.

3-         Une relation peut-elle s’établir entre les cultures endogènes et le développement ? Lorsque nous savons que le concept de développement qui n’a pas été inventé par un Africain traduit lui-même une expérience non africaine. Peut-on être africain et connaitre et comprendre le développement pensé, réfléchit et conçu ailleurs ? Ces questions posées ici doivent nous permettre de définir le nouvel acteur africain et surtout de réfléchir à des stratégies, sans forcément recourir aux épistémès occidentaux.

Avant de poursuivre notre analyse, nous voulons rapidement situer les concepts de culture, de développement et présenter le Gabon.

1.      De la culture

Il nous plait de parcourir, pour les besoins de la présente analyse, la réflexion du Professeur  Sénégalais  Abdoul Aziz Gueye [AF15] qui considère la culture africaine comme un ensemble de tout constitue la spécificité de l’homme africain, de ce fait ce qui le définit (1997, 37). C’est donc dire que la culture est une scarification, un tatouage, un limage de dents, des lèvres peintes, un maquillage, une organisation de l’espace, une façon de remuer le corps en dansant, une vision du monde, une philosophie, un genre musical. Abdoul Aziz Gueye [AF16] affirme que la culture africaine, détenue par les villageois, par ceux qui n’ont pas été à l’école, est présente, bien qu’altérée par les méfaits de la colonisation (religion, acculturation, marché économique). La culture demeure et doit demeurer pour les Africains, l’arme essentielle au service d’une Afrique en marche, d’une Afrique en compétition.

2.      Du développement

Quant au concept de développement, qui est d’apparition relativement récente dans la littérature

Economique, le terme est encore totalement absent du Dictionnaire des Sciences économiques

publié en 1956 et 1958 sous la direction de Jean Romeuf. [AF17] Ce n’est que tout à la fin des années 1950 qu’il commence à apparaître dans quelques travaux isolés et sa diffusion est très directement et explicitement liée au phénomène du sous-développement »... François Perroux [AF18] fut, semble-t-il, l’un des premiers à utiliser et expliciter ce terme (L’économie du XXème siècle en 1961). En définitive, il est conclu que ce terme, forgé à la fin des années 1950, ne se généralise réellement que dans la fin des années 1970. Ainsi, le terme développement se trouve dans le Dictionnaire des sciences économiques d’Alain Cotta (1968), [AF19] dans le Petit Dictionnaire des Sciences économiques Pujol (1968)... [AF20] Dans le monde anglo-saxon le terme de « développement » dans son acception économique apparaît beaucoup plus tôt mais ne se généralise réellement que dans les années 1950. En ce qui concerne l’économie classique, le terme n’apparaît que sporadiquement dans les années 1930, notamment en 1934 grâce au livre de Joseph Schumpeter [AF21] dont le titre en anglais The theory of economic development est la traduction littérale de l’allemand paru en 1911... En tout état de cause, le courant marxiste utilisa le terme très tôt et serait à l’origine de son application à l’économie en langue anglaise. La première traduction anglaise du Capital publiée en 1887 utilise ce terme en se référant « aux phase historiques des modes de production ». Cependant, même en anglais, la réelle acceptation du terme est beaucoup plus tardive et liée (comme en français) à la prise de conscience des problèmes du sous-développement. Ainsi par exemple, le terme « economic development » n’apparaît pour la première fois dans l’index de la Britannica qu’en 1959 à propos d’un article sur la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement; et ce n’est que dans l’édition de 1963 qu’un article spécifique consacré au concept est introduit[1] . Tenant compte du contexte de l’élaboration du concept, François Perroux (cité par P. Bairoch, 1990 ; 339) définit le développement de la manière qui suit : « pour un espace social, un pays par exemple, c’est la combinaison des changements mentaux et sociaux d’une population qui la rende apte à faire croitre, cumulativement et durablement son produit réel global». À cette définition nous pourrions ajouter celle de Philippe Hugon :

«Le développement économique peut se définir comme un processus de changements structurels accompagnant l’accroissement de la productivité du travail sur une longue période. Il est un processus cumulatif caractérisé par la transformation des relations sociales et des modes d’organisation, liés à l’affectation du surplus à des fins d’accumulation productive et conduisant à un accroissement de la productivité et à sa diffusion dans un espace donné.»[2][AF22] 

Pour quel objectif et dans quelles conditions, le père Paul Mba Abessole, élu maire de la ville de Libreville en 1997 pense-t-il lier la culture au développement du Gabon ? D’emblée, nous rappellerons le constat établi par notre linguiste de formation et fin connaisseur des cultures du Gabon.

De la fête des cultures : Reconscientisation, réappropriation et rencontres identitaires et culturelles des peuples de l’Afrique

Paul Mba Abessole [AF23] est né en 1939 à Ngoum-Akok, un village de Kango, dans la province de l’estuaire au Gabon. Il est donc gabonais. Le Gabon est un pays appartenant à l’Afrique subsaharienne, avec une superficie de 267.667 km2 et une population de 1811.079 habitants. Et comme beaucoup d’autres de ladite zone,[AF24]   le Gabon est un pays dit ‘sous développé’ ou en voie de développement, deux autres concepts que le Pr Jean Emmanuel Pondi[AF25] , politologue et de nationalité camerounaise qualifie de fumeux, créés par les Occidentaux pour endormir les Africains. A l’instar des autres pays africains en général, la date du 17 aout 1960 est celle indiquée pour l’indépendance du Gabon.

L’indépendance est un moment, une situation qui devrait sonner la fin de la colonisation,  cette colonisation qui,  d’après Aimé Césaire, [AF26] écrivain et homme politique martiniquais, vide les

sociétés d’elles-mêmes, piétine des cultures, assassine les religions, des millions d’hommes  arrachés à leurs dieux, à leurs habitudes, à leur vie, à la vie, à la danse, à la sagesse. Des millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme (A.Césaire, 2004 ; 23). Voici faite la caricature du colonisé, donc de l’Africain par Aimé Césaire, dans son Discours sur le colonianisme. C’est donc cet état de chose que l’indépendance des pays africains en général et le Gabon en particulier devait transformer. Or il se trouve que dans la période postcoloniale, 40-50 ans après les indépendances, le gabonais demeure colonisé. Et d’après Paul Mba Abessole lui-même, le constat est donc le suivant :

«Depuis son indépendance en 1960, les préoccupations des gabonais sont, avoir de l’argent, des voitures, des honneurs, donnant ainsi plus de valeurs à l’avoir qu’à l’être. Résultats, l’être profond du gabonais n’a pas évolué. Ce résultat observé est une conséquence de la classe politique qui s’appuie sur les valeurs extérieures qui ne permettent pas de bâtir le destin d’une nation, une gabonité, c’est-à-dire d’une personnalité gabonaise bien définie»[3].

Le constat se poursuit. Au Gabon, l’on peut noter une misère de culture au profit de la dictature du tout politico-économique, c’est parler des boites de nuit, l’absence d’une presse de qualité, absence des institutions culturelles (bibliothèques, cinémas etc), tout un effacement de ce qui pourrait réveiller les esprits et/ou former les consciences. Bien au contraire va s’installer le couple dame bêtise/ monsieur désordre, avec pour conséquences l’absurde et l’arbitraire. Des exemples de ces situations sont nombreux : les forces de l’ordre qui humilient tous les sans défense[AF27] , bourses et postes offerts à ceux qui ne les méritent pas toujours, le personnel d’administration désagréable au moment de fournir des renseignements. La liste n’est pas exhaustive. C’est donc face au culte de la bêtise, à l’absence d’une éducation culturelle qui se traduit, par la suite, par un état de gêne permanent de la société gabonaise perdue que Paul Mba Abessole prit l’initiative de mobiliser les gens au-delà des clivages politiques et ethniques, idée d’un rendez-vous annuel de toutes les spécificités culturelles résidant à Libreville et dans les neuf provinces qui[AF28]  constituent le Gabon, les invitant à s’affirmer dans leur singularité, à communiquer entre elles afin de s’apprécier. La fête des cultures, à Libreville, a pour objectif la prise de conscience de chaque culture à s’ouvrir aux autres et à créer avec elles une nouvelle communauté de vie basée sur la confiance mutuelle pour aboutir à la convivialité : le partage et le respect mutuel sont des mots d’ordre pour arriver à la convivialité. Or Libreville présente une  culture silencieuse, une  population en perte de repères et notre chantre national Pierre Akendengue, pour décrire ladite situation chantera en 1990 Silence. [AF29] La fête des cultures veut faire connaitre [AF30] à chaque groupe culturel son histoire et celle des autres peuples avec lesquels il partage le même espace. Car les groupes culturels- et le Gabon compte 54 ethnies[4] regroupées en 7 grands groupes- se côtoient au quotidien sans jamais se rencontrer. C’est seulement une fois qu’un groupe a pu s’identifier, s’approprier son histoire, il est donc à même de reconnaitre, d’accepter et d’aimer l’autre dans sa différence pour la construction de la nation er[AF31]  penser au développement. La prise de conscience de qui l’on est suggère la possibilité d’une projection.

Qu’est-ce que la fête des cultures ?[AF32] 

Elle est une organisation, la rencontre à une date bien précise et à Libreville, la capitale politique du Gabon, de toutes les communautés ethniques qui constituent le pays, pour enfin faire rencontrer les cultures. Il s’agit d’un programme complexe et diversifié qui va de la sculpture vannerie aux jeux ludiques, en passant par les mets traditionnels. Pour la présente étude, nous parlerons essentiellement de la danse et du chant. Pour Andrée Grau, anthropologue [AF33] de la danse, la danse et par extension le chant sont du domaine des expressions culturelles (2014). Tous deux servent à communiquer un savoir et une identité. Rappeler la mémoire du temps et la chronique des évènements. La danse et le chant s’inscrivent dans le domaine des arts de relation et de rencontre. En tant qu’Africaine, Gabonaise de surcroit, il est difficile d’attribuer une origine exacte à la danse et au chant. Ils voyagent sans cesse et se transforment en fonction de l’espace qui les accueille, les corps des danseurs étant perçus comme des archives. [AF34]  Image prise dans Google

 

En faisant référence aux corps des danseurs, une des trois composantes de la société de danse, pour reprendre le terme de Jean Binet [AF35] – les deux autres composantes étant les instruments et l’espace lui-même- nous voulons rapidement introduire les notions de kinesphère et de dynamosphère. En effet, la kinesphère  théorisée par Rudolf Laban (1879-1958) [AF36] désigne l'espace délimité par l'extension plus ou moins complète des bras et des jambes, ce qui crée différentes grandeurs de kinésphère, dans toutes les directions, sans déplacement du point de support. Quant à la dynamosphère, elle peut se rapporter à une mise en espace des qualités dynamiques du mouvement, mettant en relation la forme et le volume du geste, dans un travail de relations spatiales unidimensionnelles, bidimensionnelles et tridimensionnelles. Andrée Grau[AF37] , comme Paulin Nguema Obam [AF38] homme de culture gabonais, souligne les particularités de la danse suivant les espaces qu’elle occupe : les danses du répertoire traditionnel, les danses de l’éphémère, les danses rituelles. [AF39]  Image prise dans Google

Comment lier cette fête des cultures, au développement du Gabon ?

Des institutions internationales telles l’UNESCO et l’OMS, pour ne citer qu’elles, et des politiques occidentales vont reconnaitre qu’en matière de développement en Afrique, les objectifs ne sont pas atteints et donc que cette partie du monde stagne. Des éléments de réponse à ce constat sont contenus dans une littérature importante et parle de recours, suggère d’interroger les cultures locales. En effet, il est souligné que tout modèle de développement est le produit d’un modèle culturel. Pour avoir le développement, il faut avoir la culture[AF40] . Le développement peine à démarrer, car les acteurs ne connaissent pas nos réalités culturelles spécifiques, essentiellement spirituelles qui ne peuvent être saisies dans un ordinateur : le retrait de deuil par exemple. Le développement se fait par et pour les hommes et doit rimer avec les structures sociales internes et notamment familiales d’un pays. C’est à ce moment que nous vient à l’esprit [AF41] un néologisme que nous utilisons ces temps dernier, l’afro épistémologie. Je pense que nous, intellectuels africains devons continuer la réflexion. Les cultures africaines peinent à s’emboiter dans les critères ou les principes occidentaux du développement. Après 14 éditions, l’on entendit plus parler de la fête des cultures. Il nous faudrait [AF42] réinventer et réadapter la notion de développement face à l’occidentalisation des cultures. Comment avoir recours à nos sources ? Comment nous réapproprier nos valeurs culturelles qui, à certains endroits sont déjà hybrides pour penser un développement en Afrique ? Ne serait-il [AF43] pas temps que le développement en Afrique porte la marque du pluriel pour caractériser la spécificité et la complexité de ses habitants et marquer ainsi la catégorisation que suggère à juste titre le développement occidental ? Telles sont les interrogations qui ouvrent la réflexion sur les cultures endogènes comme étant le socle du développent en Afrique. et[AF44]  dans le cadre de l’Afrique et souveraineté épistémique : trajectoire et état des lieux.

Conclusion

Pour le présent article, nous avons voulu questionner les cultures endogènes et voir comment elles peuvent impulser le développement, notion qui reste à définir dans un contexte dit africain, en Afrique, en réfléchissant sur le cas du Gabon qui est notre pays[AF45] . En effet, De plus en plus de voix s’élèvent pour clamer le réveil de l’Afrique qui est une évidence, Pour beaucoup d’acteurs de l’anthropologie des sociétés et ceux de l’histoire tels que Théophile Obenga, Mbog Bassong, Paul Kammogne Fokam et Doumbi Fakoli, [AF46] pour ne citer qu’eux, le réveil ou mieux la Renaissance de l’Afrique doit impérativement se fonder sur la volonté qui, elle-même devra être nourrie par les religions et/ou la spiritualité de ses peuples. Pour ce faire, nous [AF47] [AF48] Africains devons retourner à nos sources, à nos traditions et cultures pour retrouver dans un premier temps, la confiance en soi qui au temps de la colonisation a fait place au mépris de l’homme noir par lui-même. Le retour à nos traditions, dans lesquelles nous puisons l’harmonie, la convivialité et le partage, est une opportunité dans le rapport de force inscrit et assigné par la mondialisation. Conscients de la volonté de jouer notre partition dans le concert des nations, nous Africains devons nous redéfinir, rappeler notre histoire avant l’arrivée des premiers colons et reconstruire notre vision du monde, en tenant compte des enjeux du millénaire et en puisant de ce fait dans nos cultures. La fécondation de nos réalités et l’affirmation de nos spécificités aideront à mieux penser le développement en Afrique.

Références bibliographiques[AF49] 

AKENDENGUE, Pierre Claver, Silence, chant, Libreville, 1990.

BAIROCH, Paul, «Historique du terme» in dictionnaire économique et social. Paris, Hatier, 1990.

BINET ; J ; 1972, Sociétés de danse chez les Fang du Gabon, thèse IIIe cycle lettres, Dakar.

CESAIRE, Aimé, Discours sur le colonialisme. Paris, Présence africaine, 2004.

CONTE, Bernard, «Le développement : concept et différentes approches». http://conte.u-bordeaux4.fr/Enseig/lic-ecod/intro1.htm. Consulté le 26/11/2022.

DOUMBI, F., Initiation et sociétés secrètes kamites, Paris, Ed Maat Kem, 2020.

DUMONT, René, Julius Nyerere et le socialisme tanzanien. Paris, Editions Esprit, 1968.

EBOUSSI BOULANGA, F., La crise du Muntu, authenticité africaine et philosophie. Paris, Présence africaine, 1977..

GRAU, André, La danse, une approche anthropologique. Andorre, gouvernement d’Andorre, 2014.

HUGON, Philippe, «La pensée française, en économie du developpement» in revue d’économie politique 101, mars avril, Paris, 1991.

KAMMOGNE FOKAM, P., Et si l’Afrique se réveillait, Paris, Maisonneuve et Larose, 2003.

KOUROUMA, Hamadou, Les soleils des indépendances. Montréal, Presses de l’université de Montreal, 1968.

LAMINE NDIAYE, Amadou, Julius Nyerere et l’édification d’une nation africaine. Paris, Etudes africaines, 2021.

MBA ABESSOLE, Paul, Aux sources de la culture fang. Paris, L’Harmattan, 2006.

MBOG BASSONG, 2014, Les fondements de la philosophie africaine, Montréal, Ed Kiyikaat.

NGUEMA OBAM, Paulin, Fang du Gabon. Paris, Editions Karthala, 2005.

OYANE MEGNIER, E., 2022, «Africa : du panafricanisme et du consciencisme dans la poétique de la relation de Pierre claver ZENG», in L’Afrique dans la chanson gabonaise, dirigé par Flavien ENONGOUE, Paris, Descartes et Cie, pp.159-178.

PERROUX, François, L’Economie du XX eme siècle. Paris, Presses universitaires de France, 1961.

 

 

Suivi de Silence, texte poétique de l’artiste gabonais Pierre Claver AKENDENGUE, 1990. Internet

Silence

J’ai cueilli par toi les fruits que tu aimes manger

Et la chaleur de mon corps les a fait mûrir

Des papayes, avocats, noix de coco

Corossols, cérises sauvages, des mangues, citrons, oranges

Silence

Puis j’ai osé t’adresser des messages

Et j’ai même confié ma détresse

A des oiseaux de passage, à la colombe, au perroquet

La perdrix, au coucou, à ibisbrun gris, à llebwe, à la sentinelle

Et à Poe

Silence

Silence

Je me suis rendu chez Poe

Je me suis rendu chez le vautour

Je me suis rendu chez la sentinelle

Je me suis rendu chez le mille pattes

Je me suis rendu chez la perdrix

Sans nouvelles de toi mes nuits sans sommeil

Silence

Je t’ai appelé chez Poe

Je t’ai appelé chez le vautour

Je t’ai appelé chez la sentinelle

Je t’ai appelé chez le mille pattes

Je t’ai appelé chez la perdrix

Mes larmes sous le soleil de midi

Silence

Nous vous disons Silence

 

 

 

 



[1] Bernard Conte, «Le développement : concept et différentes approches». http://conte.u-bordeaux4.fr/Enseig/lic-ecod/intro1.htm. Consulté le 26/11/2022.

[2] Bernard Conte, «Le développement : concept et différentes approches». http://conte.u-bordeaux4.fr/Enseig/lic-ecod/intro1.htm. Consulté le 26/11/2022.

[3] Emile Mbot, Abdoul Aziz Ngueye, Les actes de la fête des cultures de Libreville, première édition, 16, 17, 18 et 19 mai 1997, Libreville, 1998.

[4] Akele, Apindji, Babongo, Bakaningi, Bavarama, Bawandji, Benga, Bungom, Enenga, Eshira, Evia, Fang, Galoa, Guissir, Haussa, Kota, Lumbu, Mahongue, Makina, Massangu, Miene, Mbete, Muessa, Ndassa, Ndumu, Nkomi, Ndziebi, Ngowe, Obamba, Orungu, Ossamai, Pubi, Punu, Shake, Sekiani, Simba, Teke, Tsogo, Varama, Vili, Vungu,


 [AF1]Ecriture scientifique

P.MbaAbessolo

 [AF2]idem

 [AF3]écriture scientifique

 [AF4]idem

 [AF5]source

 [AF6]Il faut le citer comme un auteur en respectant les normes camès

 

 [AF7]critiquer

A.        [AF8]Kourouma ( annéé)

 [AF9]idem

 [AF10]idem

 [AF11]R.Dumont (1962)

 [AF12]réfléchir

 [AF13]

 [AF14]Revoir l’écriture scientifique

 [AF15]Écriture scientifique

 [AF16]A.A. Guye (année???)

 [AF17]Phrase complexe et non comprise

 [AF18]F. Perroux (année)

 [AF19]idem

 [AF20]idem

 [AF21]idem

 [AF22]Est-ce une clarification conceptuelle ?? Ou une Problématique ?

 

 [AF23]Écriture scientifique

 [AF24]Est ce presentation du cadre de recherche où le portait de la vielle du Père Paul Mba Abessole ?

 

 [AF25]idem

 [AF26]Estes vous encore dans la problématique?

 [AF27]Revoir la phrase

 [AF28]que

 [AF29]Contextualiser la phrase en respectant les normes scientifiques

 [AF30]Reformuler 

 [AF31]et

 [AF32]C’est une clarification conceptuelle?

 [AF33]Écriture scientifique

 [AF34]La photo n’a pas sa place ici

Mettre le titre de la photo et la source en bas de l’image

 [AF35]Écriture scientifique

 [AF36]idem

 [AF37]idem

 [AF38]idem

 [AF39]mettre le titre de la photo sous la photo et sa source et non dans les angles.

 [AF40]Reformuler  la phrase car on ne comprend ce que vous ditesl

 

 [AF41]Tenez un style de rédaction sérieux

 [AF42]Eviter de mettre au conditionnel dans une redaction scientifique

 [AF43]idem

 [AF44] Et

 [AF45]Reformuler la phrase elle est trop longue

 [AF46]Respecter les normes scientifiques de citation

 [AF47]Votre document a été trop personnalisé

 [AF48]

 [AF49]Revoir les références bibliographiques selon les normes cames

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