SOBESA_14.2
De la fête des cultures et de la construction de la nation : le cas du Gabon
Oyane Megnier Elisabeth-Université Omar Bongo de Libreville
Résumé :
Elu maire de la commune de Libreville, au Gabon, en
1996, Paul Mba Abessolo[AF1] , linguiste des langues africaines va inscrire dans
l’agenda politico- socio- culturel ce qu’il a nommé la ʺFête des culturesʺ.
C’est dans le contexte de la
redéfinition du vivre ensemble par l’ONU, et sur l’appropriation de la
philosophie de Julius K. Nyerere à savoir que l’on peut s’inspirer de la
tradition pour mener à bien le développement d’un pays (J.Mfoulou, 1980) que Paul Mba
Abessolo [AF2] pose les fondements de la fête des cultures au Gabon.
Dans une approche interculturelle, la présente contribution vise à analyser les
possibilités, les mécanismes et les résultats de ladite vision des échanges
interculturels pour l’unité qui devait
aboutir à la construction de la nation.
Mots clés : Culture- Construction de la nation-
Gabon- Interculturalité
Abstract :
Elected
Mayor of the municipality of Libreville, Gabon, in 1996, Paul Mba Abessolo,
[AF3] linguist
of African languages will include in the politico-socio-cultural agenda what
he called the "Festival of cultures". It is in the context of the
redefinition of living together by the UN, and on the appropriation of the
philosophy of Julius K. Nyerere namely that we can draw inspiration from
tradition to carry out the development of a country (J. Mfoulou, 1980) that Paul Mba
Abessolo [AF4] lays
the foundations for the festival of cultures in Gabon. In an intercultural
approach, this contribution aims to analyze the possibilities, mechanisms and
results of the aforementioned vision of intercultural exchanges for the unity
which was to lead to the construction of the nation.
Keywords :
Culture- Nation building- Gabon- Interculturality
Introduction
Réfléchir ou essayer d’établir un rapport entre cultures
locales ou endogènes et le développement en Afrique en général et /ou au
Gabon en particulier n’est pas une problématique nouvelle. En convoquant
l’histoire, l’on peut constater que la période coloniale a été fructueuse parce
que les acteurs principaux n’avaient pas totalement établi de rupture entre les
sujets et leurs traditions.[AF5] Plus près de nous, c’est-à-dire au XX è siècle,
l’histoire rappelle le socialisme Ujamaa, programme de développement de la
Tanzanie, pensé et réalisé par son président de l’époque Julius[AF6] Nyerere. Ujamaa se présente comme un concept qui convoque
la famille au sens large en langue swahili, nous dit- on. Le programme fait
allusion à la nationalisation de l’économie, la création des communautés
agricoles villageoises. A l’instar du communalisme de Nkrumah, Julius Nyerere
pense que le développement en Afrique doit rimer avec des structures sociales
internes et notamment familiales. Il est tout de même à noter que ce programme
a été très débattu, voire critiqué[AF7] avec l’argumentation
qu’il casse brutalement les repères humains et communautaires des individus. Le
rappel ici du président tanzanien nous donne l’opportunité de mettre en
évidence la prise de conscience par les africains, d’une rupture totale avec la
longue période coloniale, aux lendemains ʺdes Soleils des indépendancesʺ africaines,
pour reprendre l’expression dramatique du romancier ivoirien Ahmadou
Kourouma[AF8] . Du panafricanisme de W.E.B [AF9] Du Bois au consciencisme de Kwame Nkrumah[AF10] , en passant
par l’Afrique est mal partie de René Dumont
(1962), [AF11] il s’est agi
de refléchi[AF12] r comment et
par oú[AF13] doit
commencer le développement de l’Afrique en général et l’Afrique subsaharienne
en particulier ? C’est donc dans le processus de la dialectique de cette
question que le Père Paul Mba Abessole, dans l’année 1997[AF14] , élu maire de
la ville de Libreville au Gabon, va mettre sur pied le programme de la fête des
cultures. Comment et pourquoi cette fête est-elle pensée ? Quelle est
l’organisation de ladite fête ? Quels en ont été les résultats ? Quel
débat peut-on ouvrir en référence à la fête des cultures au Gabon ? Ce
questionnement nous permet de traiter le présent article autour de trois axes à
savoir :
1- La fête des cultures
2- Reconscientisation,
réappropriation et rencontres identitaires et culturelles des peuples.
3- Une
relation peut-elle s’établir entre les cultures endogènes et le développement ?
Lorsque nous savons que le concept de développement qui n’a pas été inventé par
un Africain traduit lui-même une expérience non africaine. Peut-on être
africain et connaitre et comprendre le développement pensé, réfléchit et conçu
ailleurs ? Ces questions posées ici doivent nous permettre de définir le nouvel
acteur africain et surtout de réfléchir à des stratégies, sans forcément
recourir aux épistémès occidentaux.
Avant de poursuivre notre analyse, nous voulons
rapidement situer les concepts de culture, de développement et présenter le
Gabon.
1.
De la culture
Il nous plait de parcourir, pour les besoins de la
présente analyse, la réflexion du Professeur Sénégalais
Abdoul Aziz Gueye [AF15] qui considère
la culture africaine comme un ensemble de tout constitue la spécificité de
l’homme africain, de ce fait ce qui le définit (1997, 37). C’est donc dire que
la culture est une scarification, un
tatouage, un limage de dents, des lèvres peintes, un maquillage, une
organisation de l’espace, une façon de remuer le corps en dansant, une vision
du monde, une philosophie, un genre musical. Abdoul Aziz Gueye [AF16] affirme que la
culture africaine, détenue par les villageois, par ceux qui n’ont pas été à
l’école, est présente, bien qu’altérée par les méfaits de la colonisation
(religion, acculturation, marché économique). La culture demeure et doit
demeurer pour les Africains, l’arme essentielle au service d’une Afrique en
marche, d’une Afrique en compétition.
2.
Du développement
Quant au concept de développement, qui est d’apparition
relativement récente dans la littérature
Economique, le
terme est encore totalement absent du Dictionnaire des Sciences économiques
publié en 1956
et 1958 sous la direction de Jean Romeuf. [AF17] Ce n’est que
tout à la fin des années 1950 qu’il commence à apparaître dans quelques travaux
isolés et sa diffusion est très directement et explicitement liée au phénomène
du sous-développement »... François Perroux [AF18] fut,
semble-t-il, l’un des premiers à utiliser et expliciter ce terme (L’économie du
XXème siècle en 1961). En définitive, il est conclu que ce terme, forgé à la
fin des années 1950, ne se généralise réellement que dans la fin des années
1970. Ainsi, le terme développement se trouve dans le Dictionnaire des sciences
économiques d’Alain
Cotta (1968), [AF19] dans le Petit
Dictionnaire des Sciences économiques Pujol (1968)... [AF20] Dans le monde anglo-saxon
le terme de « développement » dans son acception économique apparaît beaucoup
plus tôt mais ne se généralise réellement que dans les années 1950. En ce qui concerne
l’économie classique, le terme n’apparaît que sporadiquement dans les années
1930, notamment en 1934 grâce au livre de Joseph Schumpeter [AF21] dont le titre
en anglais The theory of economic development est la traduction littérale de l’allemand
paru en 1911... En
tout état de cause, le courant marxiste utilisa le terme très tôt et serait à
l’origine de son application à l’économie en langue anglaise. La première
traduction anglaise du Capital publiée en 1887 utilise ce terme en se référant
« aux phase historiques des modes de production ». Cependant, même en anglais,
la réelle acceptation du terme est beaucoup plus tardive et liée (comme en
français) à la prise de conscience des problèmes du sous-développement. Ainsi
par exemple, le terme « economic development » n’apparaît pour la première fois
dans l’index de la Britannica qu’en 1959 à propos d’un article sur la Banque Internationale
pour la Reconstruction et le Développement; et ce n’est que dans l’édition de 1963
qu’un article spécifique consacré au concept est introduit[1] . Tenant compte du contexte de
l’élaboration du concept, François Perroux (cité par P. Bairoch, 1990 ;
339) définit le développement de la manière qui suit : « pour un espace
social, un pays par exemple, c’est la combinaison des changements mentaux et
sociaux d’une population qui la rende apte à faire croitre, cumulativement et
durablement son produit réel global». À cette définition nous pourrions ajouter
celle de Philippe Hugon :
«Le
développement économique peut se définir comme un processus de changements
structurels accompagnant l’accroissement de la productivité du travail sur une
longue période. Il est un processus cumulatif caractérisé par la transformation
des relations sociales et des modes d’organisation, liés à l’affectation du surplus
à des fins d’accumulation productive et conduisant à un accroissement de la productivité
et à sa diffusion dans un espace donné.»[2][AF22]
Pour quel objectif et dans quelles conditions, le père
Paul Mba Abessole, élu maire de la ville de Libreville en 1997 pense-t-il lier
la culture au développement du Gabon ? D’emblée, nous rappellerons le
constat établi par notre linguiste de formation et fin connaisseur des cultures
du Gabon.
De
la fête des cultures : Reconscientisation, réappropriation et rencontres
identitaires et culturelles des peuples de l’Afrique
Paul Mba Abessole [AF23] est né en 1939
à Ngoum-Akok, un village de Kango, dans la province de l’estuaire au Gabon. Il
est donc gabonais. Le
Gabon est un pays appartenant à l’Afrique subsaharienne, avec une superficie de
267.667 km2 et une population de 1811.079 habitants. Et comme beaucoup d’autres
de ladite zone,[AF24] le
Gabon est un pays dit ‘sous développé’ ou en voie de développement, deux autres
concepts que le
Pr Jean Emmanuel Pondi[AF25] , politologue
et de nationalité camerounaise qualifie de fumeux, créés par les Occidentaux
pour endormir les Africains. A l’instar des autres pays africains en général,
la date du 17 aout 1960 est celle indiquée pour l’indépendance du Gabon.
L’indépendance est un moment, une situation qui devrait
sonner la fin de la colonisation, cette
colonisation qui, d’après Aimé
Césaire, [AF26] écrivain et
homme politique martiniquais, vide les
sociétés
d’elles-mêmes, piétine des cultures, assassine les religions, des millions
d’hommes arrachés à leurs dieux, à leurs
habitudes, à leur vie, à la vie, à la danse, à la sagesse. Des millions
d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le
tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme (A.Césaire, 2004 ; 23). Voici faite la caricature du
colonisé, donc de l’Africain par Aimé Césaire, dans son Discours sur le
colonianisme. C’est donc cet état de chose que l’indépendance des pays africains
en général et le Gabon en particulier devait transformer. Or il se trouve que
dans la période postcoloniale, 40-50 ans après les indépendances, le gabonais
demeure colonisé. Et d’après Paul Mba Abessole lui-même, le constat est donc le
suivant :
«Depuis son indépendance en 1960, les préoccupations des
gabonais sont, avoir de l’argent, des voitures, des honneurs, donnant ainsi
plus de valeurs à l’avoir qu’à l’être. Résultats, l’être profond du gabonais
n’a pas évolué. Ce résultat observé est une conséquence de la classe politique
qui s’appuie sur les valeurs extérieures qui ne permettent pas de bâtir le
destin d’une nation, une gabonité, c’est-à-dire d’une personnalité gabonaise
bien définie»[3].
Le constat se poursuit. Au Gabon, l’on peut noter une
misère de culture au profit de la dictature du tout politico-économique, c’est
parler des boites de nuit, l’absence d’une presse de qualité, absence des
institutions culturelles (bibliothèques, cinémas etc), tout un effacement de ce
qui pourrait réveiller les esprits et/ou former les consciences. Bien au
contraire va s’installer le couple dame bêtise/ monsieur désordre, avec pour
conséquences l’absurde et l’arbitraire. Des exemples de ces situations sont
nombreux : les forces de l’ordre qui humilient tous les sans défense[AF27] , bourses et
postes offerts à ceux qui ne les méritent pas toujours, le personnel d’administration
désagréable au moment de fournir des renseignements. La liste n’est pas
exhaustive. C’est donc face au culte de la bêtise, à l’absence d’une éducation
culturelle qui se traduit, par la suite, par un état de gêne permanent de la
société gabonaise perdue que Paul Mba Abessole prit l’initiative de mobiliser
les gens au-delà des clivages politiques et ethniques, idée d’un rendez-vous
annuel de toutes les spécificités culturelles résidant à Libreville et dans les
neuf provinces qui[AF28] constituent
le Gabon, les invitant à s’affirmer dans leur singularité, à communiquer entre
elles afin de s’apprécier. La fête des cultures, à Libreville, a pour objectif
la prise de conscience de chaque culture à s’ouvrir aux autres et à créer avec
elles une nouvelle communauté de vie basée sur la confiance mutuelle pour
aboutir à la convivialité : le partage et le respect mutuel sont des mots
d’ordre pour arriver à la convivialité. Or Libreville présente une culture silencieuse, une population en perte de repères et notre chantre
national Pierre Akendengue, pour décrire ladite situation chantera en 1990 Silence. [AF29] La fête des
cultures veut
faire connaitre [AF30] à chaque
groupe culturel son histoire et celle des autres peuples avec lesquels il
partage le même espace. Car les groupes culturels- et le Gabon compte 54
ethnies[4]
regroupées en 7 grands groupes- se côtoient au quotidien sans jamais se
rencontrer. C’est seulement une fois qu’un groupe a pu s’identifier,
s’approprier son histoire, il est donc à même de reconnaitre, d’accepter et
d’aimer l’autre dans sa différence pour la construction de la nation er[AF31] penser au développement.
La prise de conscience de qui l’on est suggère la possibilité d’une projection.
Qu’est-ce que la fête des cultures ?[AF32]
Elle est une organisation, la rencontre à une date bien
précise et à Libreville, la capitale politique du Gabon, de toutes les
communautés ethniques qui constituent le pays, pour enfin faire rencontrer les
cultures. Il s’agit d’un programme complexe et diversifié qui va de la sculpture
vannerie aux jeux ludiques, en passant par les mets traditionnels. Pour la
présente étude, nous parlerons essentiellement de la danse et du chant. Pour Andrée Grau,
anthropologue [AF33] de la danse,
la danse et par extension le chant sont du domaine des expressions culturelles
(2014). Tous deux servent à communiquer un savoir et une identité. Rappeler la
mémoire du temps et la chronique des évènements. La danse et le chant
s’inscrivent dans le domaine des arts de relation et de rencontre. En tant
qu’Africaine, Gabonaise de surcroit, il est difficile d’attribuer une origine
exacte à la danse et au chant. Ils voyagent sans cesse et se transforment en
fonction de l’espace qui les accueille, les corps des danseurs étant perçus
comme des archives.
En faisant référence aux corps des danseurs, une des
trois composantes de la société de danse, pour reprendre le terme de Jean Binet [AF35] – les deux
autres composantes étant les instruments et l’espace lui-même- nous voulons
rapidement introduire les notions de kinesphère et de dynamosphère. En effet,
la kinesphère théorisée par Rudolf Laban
(1879-1958) [AF36] désigne
l'espace délimité par l'extension plus ou moins complète des bras et des
jambes, ce qui crée différentes grandeurs de kinésphère, dans toutes les
directions, sans déplacement du point de support. Quant à la dynamosphère, elle
peut se rapporter à une mise en espace des qualités dynamiques du mouvement,
mettant en relation la forme et le volume du geste, dans un travail de
relations spatiales unidimensionnelles, bidimensionnelles et tridimensionnelles.
Andrée
Grau[AF37] , comme Paulin
Nguema Obam [AF38] homme de
culture gabonais, souligne les particularités de la danse suivant les espaces
qu’elle occupe : les danses du répertoire traditionnel, les danses de
l’éphémère, les danses rituelles.
Comment lier cette fête des cultures, au développement du
Gabon ?
Des institutions internationales telles l’UNESCO
et l’OMS, pour ne citer qu’elles, et des politiques occidentales vont
reconnaitre qu’en matière de développement en Afrique, les objectifs ne sont
pas atteints et donc que cette partie du monde stagne. Des éléments de réponse à ce constat sont
contenus dans une littérature importante et parle de recours, suggère
d’interroger les cultures locales. En effet, il est souligné que tout modèle de
développement est le produit d’un modèle culturel. Pour avoir le développement,
il faut avoir la culture[AF40] . Le
développement peine à démarrer, car les acteurs ne connaissent pas nos réalités
culturelles spécifiques, essentiellement spirituelles qui ne peuvent être
saisies dans un ordinateur : le retrait de deuil par exemple. Le
développement se fait par et pour les hommes et doit rimer avec les structures
sociales internes et notamment familiales d’un pays. C’est à ce moment que nous
vient à
l’esprit [AF41] un néologisme
que nous utilisons ces temps dernier, l’afro épistémologie. Je pense que nous,
intellectuels africains devons continuer la réflexion. Les cultures africaines
peinent à s’emboiter dans les critères ou les principes occidentaux du
développement. Après 14 éditions, l’on entendit plus parler de la fête des
cultures. Il nous faudrait
[AF42] réinventer et réadapter
la notion de développement face à l’occidentalisation des cultures. Comment
avoir recours à nos sources ? Comment nous réapproprier nos valeurs
culturelles qui, à certains endroits sont déjà hybrides pour penser un
développement en Afrique ? Ne serait-il [AF43] pas temps que
le développement en Afrique porte la marque du pluriel pour caractériser la
spécificité et la complexité de ses habitants et marquer ainsi la
catégorisation que suggère à juste titre le développement occidental ? Telles
sont les interrogations qui ouvrent la réflexion sur les cultures endogènes
comme étant le socle du développent en Afrique. et[AF44] dans le cadre
de l’Afrique et souveraineté épistémique : trajectoire et état des lieux.
Conclusion
Pour le présent article, nous avons voulu questionner les
cultures endogènes et voir comment elles peuvent impulser le développement,
notion qui reste à définir dans un contexte dit africain, en Afrique, en
réfléchissant sur le cas du Gabon qui est notre pays[AF45] . En effet, De
plus en plus de voix s’élèvent pour clamer le réveil de l’Afrique qui est une
évidence, Pour beaucoup d’acteurs de l’anthropologie des sociétés et ceux de
l’histoire tels que Théophile Obenga, Mbog Bassong, Paul Kammogne Fokam et Doumbi
Fakoli, [AF46] pour ne citer
qu’eux, le réveil ou mieux la Renaissance de l’Afrique doit impérativement se
fonder sur la volonté qui, elle-même devra être nourrie par les religions et/ou
la spiritualité de ses peuples. Pour ce faire, nous [AF47] [AF48] Africains
devons retourner à nos sources, à nos traditions et cultures pour retrouver
dans un premier temps, la confiance en soi qui au temps de la colonisation a
fait place au mépris de l’homme noir par lui-même. Le retour à nos traditions,
dans lesquelles nous puisons l’harmonie, la convivialité et le partage, est une
opportunité dans le rapport de force inscrit et assigné par la mondialisation.
Conscients de la volonté de jouer notre partition dans le concert des nations,
nous Africains devons nous redéfinir, rappeler notre histoire avant l’arrivée
des premiers colons et reconstruire notre vision du monde, en tenant compte des
enjeux du millénaire et en puisant de ce fait dans nos cultures. La fécondation
de nos réalités et l’affirmation de nos spécificités aideront à mieux penser le
développement en Afrique.
Références
bibliographiques[AF49]
AKENDENGUE, Pierre Claver, Silence, chant, Libreville, 1990.
BAIROCH, Paul, «Historique du terme» in dictionnaire économique et social.
Paris, Hatier, 1990.
BINET ; J ; 1972, Sociétés
de danse chez les Fang du Gabon, thèse IIIe cycle lettres, Dakar.
CESAIRE, Aimé, Discours
sur le colonialisme. Paris, Présence africaine, 2004.
CONTE, Bernard, «Le développement : concept et
différentes approches». http://conte.u-bordeaux4.fr/Enseig/lic-ecod/intro1.htm.
Consulté le 26/11/2022.
DOUMBI, F., Initiation
et sociétés secrètes kamites, Paris, Ed Maat Kem, 2020.
DUMONT, René, Julius
Nyerere et le socialisme tanzanien. Paris, Editions Esprit, 1968.
EBOUSSI BOULANGA, F., La
crise du Muntu, authenticité africaine et philosophie. Paris, Présence
africaine, 1977..
GRAU, André, La
danse, une approche anthropologique. Andorre, gouvernement d’Andorre, 2014.
HUGON, Philippe, «La pensée française, en économie du
developpement» in revue d’économie
politique 101, mars avril, Paris, 1991.
KAMMOGNE FOKAM, P., Et si l’Afrique se réveillait, Paris,
Maisonneuve et Larose, 2003.
KOUROUMA, Hamadou, Les
soleils des indépendances. Montréal, Presses de l’université de Montreal,
1968.
LAMINE NDIAYE, Amadou,
Julius Nyerere et l’édification d’une nation africaine. Paris, Etudes
africaines, 2021.
MBA ABESSOLE, Paul, Aux
sources de la culture fang. Paris, L’Harmattan, 2006.
MBOG BASSONG, 2014, Les fondements de la philosophie
africaine, Montréal, Ed Kiyikaat.
NGUEMA OBAM, Paulin, Fang
du Gabon. Paris, Editions Karthala, 2005.
OYANE MEGNIER, E., 2022, «Africa : du panafricanisme et
du consciencisme dans la poétique de la relation de Pierre claver ZENG», in L’Afrique dans la chanson gabonaise,
dirigé par Flavien ENONGOUE, Paris, Descartes et Cie, pp.159-178.
PERROUX, François, L’Economie
du XX eme siècle. Paris, Presses universitaires de France, 1961.
Suivi de Silence,
texte poétique de l’artiste gabonais Pierre Claver AKENDENGUE, 1990. Internet
Silence
J’ai cueilli par toi les fruits que tu aimes manger
Et la chaleur de mon corps les a fait mûrir
Des papayes, avocats, noix de coco
Corossols, cérises sauvages, des mangues, citrons,
oranges
Silence
Puis j’ai osé t’adresser des messages
Et j’ai même confié ma détresse
A des oiseaux de passage, à la colombe, au perroquet
La perdrix, au coucou, à ibisbrun gris, à llebwe, à la
sentinelle
Et à Poe
Silence
Silence
Je me suis rendu chez Poe
Je me suis rendu chez le vautour
Je me suis rendu chez la sentinelle
Je me suis rendu chez le mille pattes
Je me suis rendu chez la perdrix
Sans nouvelles de toi mes nuits sans sommeil
Silence
Je t’ai appelé chez Poe
Je t’ai appelé chez le vautour
Je t’ai appelé chez la sentinelle
Je t’ai appelé chez le mille pattes
Je t’ai appelé chez la perdrix
Mes larmes sous le soleil de midi
Silence
Nous vous disons Silence
[1] Bernard Conte, «Le
développement : concept et différentes approches». http://conte.u-bordeaux4.fr/Enseig/lic-ecod/intro1.htm.
Consulté le 26/11/2022.
[2] Bernard Conte, «Le développement : concept et différentes approches».
http://conte.u-bordeaux4.fr/Enseig/lic-ecod/intro1.htm. Consulté le 26/11/2022.
[3] Emile Mbot, Abdoul Aziz Ngueye, Les
actes de la fête des cultures de Libreville, première édition, 16, 17, 18
et 19 mai 1997, Libreville, 1998.
[4] Akele, Apindji, Babongo, Bakaningi, Bavarama,
Bawandji, Benga, Bungom, Enenga, Eshira, Evia, Fang, Galoa, Guissir, Haussa,
Kota, Lumbu, Mahongue, Makina, Massangu, Miene, Mbete, Muessa, Ndassa, Ndumu,
Nkomi, Ndziebi, Ngowe, Obamba, Orungu, Ossamai, Pubi, Punu, Shake, Sekiani,
Simba, Teke, Tsogo, Varama, Vili, Vungu,
[AF2]idem
[AF3]écriture scientifique
[AF4]idem
[AF5]source
[AF7]critiquer
A.
[AF8]Kourouma ( annéé)
[AF9]idem
[AF10]idem
[AF11]R.Dumont (1962)
[AF12]réfléchir
[AF13]où
[AF14]Revoir l’écriture scientifique
[AF15]Écriture scientifique
[AF16]A.A. Guye (année???)
[AF17]Phrase complexe et non comprise
[AF18]F. Perroux (année)
[AF19]idem
[AF20]idem
[AF21]idem
[AF23]Écriture scientifique
[AF24]Est ce presentation du cadre de recherche où le
portait de la vielle du Père Paul Mba Abessole ?
[AF25]idem
[AF26]Estes vous encore dans la problématique?
[AF27]Revoir la phrase
[AF28]que
[AF29]Contextualiser la phrase en respectant les normes
scientifiques
[AF30]Reformuler
[AF31]et
[AF32]C’est une clarification conceptuelle?
[AF33]Écriture scientifique
[AF35]Écriture scientifique
[AF36]idem
[AF37]idem
[AF38]idem
[AF39]mettre le titre de la photo sous la photo et sa
source et non dans les angles.
[AF41]Tenez un style de rédaction sérieux
[AF42]Eviter de mettre au conditionnel dans une redaction
scientifique
[AF43]idem
[AF44] Et
[AF45]Reformuler la phrase elle est trop longue
[AF46]Respecter les normes scientifiques de citation
[AF47]Votre document a été trop personnalisé
[AF49]Revoir les références bibliographiques selon les
normes cames
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire